Les Hospices de Beaune et la vente aux enchères

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Une institution historique

Cette institution est née de l’association de Nicolas Rolin et Guigone de Salins qui en 1443 décidèrent de faire construire un hôpital : l’Hôtel-Dieu de Beaune. Les deux fondateurs ont institué une tradition en faisant œuvre de charité et d’actes de mécénat. Cette tradition a permis aux Hospices de Beaune de traverser l’histoire dans des conditions exceptionnelles. Aujourd’hui les Hospices civils de Beaune regroupent les centres hospitaliers de la Côte d’Or du sud (Beaune, Arnay-le-Duc, Seurre et Nuits-St-Georges).

Tous les hôpitaux de France sont habituellement propriétaires de fermes, d’immeubles, de landes ou de forêts mais l’institution hospitalière des Hospice de Beaune se démarque par l’importance, l’originalité et la nature de son patrimoine constitué d’une part d’un monument historique, l’Hôtel-Dieu du XVe siècle, qui est aujourd’hui un site touristique et n’accueille plus de patients et résidents âgés depuis le début des années 1980 ;

Mais également d’un prestigieux domaine viticole à Beaune de 60 hectares et représentant les meilleures appellations de Bourgogne. Les hospices de Beaune ont obtenu ses vignes suite à des legs et donations. La production de ce domaine est commercialisée dans le cadre de la vente de charité des hospices de Beaune, la vente de charité la plus célèbre dans le monde.

Ainsi par son patrimoine, cette institution hospitalière joue un rôle de premier plan dans les deux activités majeures de Beaune et sa région : le tourisme et le vin.

Une vente caritative

La vente des hospices de Beaune a lieu chaque année le 3ème dimanche de novembre, c’est la plus célèbre et la plus ancienne vente de charité viticole au monde (1859). On y commercialise la production de vins du domaine des Hospices de Beaune : la vente peut proposer plus de 500 lots.

Les bénéfices de la vente sont réservés chaque année à deux causes : la première à l’entretien de son patrimoine et à la modernisation des équipements et bâtiments hospitaliers ; la seconde à une œuvre caritative. En effet l’institution fidèle à ses valeurs fondatrices chaque année offre une œuvre caritative les profits de la vente d’une pièce de vin, dite « Pièce du Président ».

Cette année, les profits de la 161ème vente des vins des Hospices de Beaune, seront reversés à deux associations qui agissent en faveur des femmes. Un choix incontestable tant les enjeux sociétaux et de santé publique sont importants et correspondent à leur Histoire depuis Guigone de Salins.

Le Domaine des Hospices de Beaune

Le domaine viticole travaille à produire des raisins de qualité tout en respectant au maximum l’environnement et cela passe par diverses pratiques de viticulture raisonnée :

Tout d’abord le Domaine n’utilise pas d’herbicides et évite l’épandage de produits chimiques afin de maintenir une vie microbiologique complexe dans les sols. Les traitements font ainsi toujours l’objet d’une étude, d’une observation et d’une réflexion, et n’interviennent que parce que l’équilibre biologique naturel a été rompu.

Pour conserver cet équilibre fragile, les vignerons travaillent rigoureusement la vigne sans lui appliquer de système quelconque préétabli et utilisent des méthodes proches de la viticulture biologique.

Dans son souci de préserver l’environnement, le Domaine viticole des Hospices de Beaune prend également des mesures qui limitent l’érosion des sols. La reconstruction des murs de pierre, qui dessinaient autrefois les limites des vignobles, a aussi et surtout cette fonction d’empêcher les glissements de terrain. Dans cette même optique, l’herbe qui pousse autour des parcelles de vigne est maintenue.

Des analyses de sol régulières permettent de contrôler le niveau de vie microbiologique du sol, essentiel à la vigueur de la plante. A chaque arrachage de vigne, la terre est laissée au repos de quatre à six ans, selon son état sanitaire. La volonté de Ludivine Griveau, régisseur du domaine, est de maîtriser la vigueur à tous les stades, du sol aux fruits. Elle choisit ensuite de procéder à une taille très courte et à une vendange verte si le millésime s’offre tout en générosité.

La qualité ne peut rimer avec productivité : pour extraire les typicités des climats dans les vins, son objectif est de limiter les rendements en moyenne à 30 hectolitres par hectare.

Le millésime 2021 a débuté avec une situation climatique exceptionnelle dont le point de départ se situe fin mars lorsque les températures ont été anormalement élevées pour la saison et ont conduit à une véritable explosion de la végétation. Il se poursuit avec le gel extrême de début avril.

Malgré toutes les difficultés climatiques et la pression sanitaire de cette année 2021, le domaine a réussi à préserver sa production tout en respectant son approche dans le respect de l’environnement et sans produits chimiques de synthèse. Deux éléments essentiels ont permis le bon fonctionnement du vignoble : Le premier, la force de son organisation constituée d’une équipe de 23 vignerons salariés engagés, soudés et fortement réactifs et le second lié à l’histoire parcellaire du domaine dont les vignes sont principalement situées en coteaux favorisant ainsi une bonne accessibilité en cas de météo capricieuse.

Qualité de production et respect de l’environnement sont les principes fondamentaux du Domaine des Hospices de Beaune.

Ludivine Griveau

Ludivine Griveau est la première femme nommée régisseuse des Hospices de Beaune. A 36 ans, la jeune femme a pris la relève de Roland Masse et l’œnologue aguerrie n’a rien à envier à ses prédécesseurs.

Après avoir fait des études d’ingénieur en agronomie, elle découvre le milieu de vin et va étudier l’œnologie à l’institut Jules Guyot à Dijon.

En 2004, Ludivine Griveau devient maitre de chai responsable de la vinification des grands crus de la Maison Corton André à Aloxe-Corton, en Côte d’Or. Elle occupera ce poste pendant 10 ans avant de reprendre les rênes du domaine des Hospices de Beaune.

Dans ce milieu souvent considéré comme masculin, la jeune femme à su faire sa place et imposer son talent en mettant en valeur ses compétences avec un peu d’audace.

Dans sa démarche de tenue du vignoble, Ludivine privilégie la qualité et l’identité du terroir tout en prenant en compte les nouvelles tendances de viticulture qui tendent vers du plus responsable et respectueux de l’environnement.

« Je suis plutôt pour une culture biologique raisonnée, car l’approche bio me plaît, mais il ne faut pas rester fermé et il faut s’affranchir de certains critères, en intégrant aussi la survie d’un domaine, car la culture bio n’est pas toujours la réponse à tout. »

Ludivine Griveau est le trait d’union entre le vin et le milieu hospitalier grâce à son engagement en tant que régisseuse des Hospices de Beaune.

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